Vendredi Saint – Jour de jeûne et d’abstinence
« La joie de l’évangile » du pape François
On ne peut persévérer dans une évangélisation fervente, si on n’est pas convaincu, en vertu de sa propre expérience, qu’avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître, que marcher avec lui n’est pas la même chose que marcher à tâtons, que pouvoir l’écouter ou ignorer sa Parole n’est pas la même chose, que pouvoir le contempler, l’adorer, se reposer en lui, ou ne pas pouvoir le faire n’est pas la même chose.
Je m’engage
🙏Prière : Pour les grâces et les dons distribués à chacun soient mis au service de la gloire de Dieu.
👐Pénitence : Je soigne la vénération de la croix.
🤝Partage : Je partage mon jeûne avec d’autres chrétiens.
Et dans la paroisse ?
- 8h30 : Office des ténèbres à l’église Saint-Pierre de Bruges.
- 15h : Chemin de croix à l’église Sainte-Clotilde du Bouscat, à l’église Saint-Pierre de Bruges et à l’église Notre-Dame-du-Lac de Bordeaux.
- 19h : Office de la Passion à l’église Saint-Pierre de Bruges.
Salvifici doloris – Lettre apostolique de Saint Jean-Paul II
La souffrance humaine inspire la compassion, elle inspire également le respect et, à sa manière, elle intimide. Car elle porte en elle la grandeur d’un mystère spécifique.
Au sein de ce qui constitue la forme psychologique de la souffrance se trouve toujours une expérience du mal qui entraîne la souffrance de l’homme. Ainsi donc, la réalité de la souffrance fait surgir la question de l’essence du mal : qu’est-ce que le mal ? […] dans la conception chrétienne, la réalité de la souffrance s’explique au moyen du mal, qui, d’une certaine façon, se réfère toujours à un bien. Seul l’homme, en souffrant, sait qu’il souffre et se demande pour quelle raison ; pourquoi le mal ?
Si, l’existence du monde ouvre pour ainsi dire le regard de l’âme humaine à l’existence de Dieu, […], le mal et la souffrance semblent obscurcir cette image, parfois de façon radicale, et plus encore lorsqu’on voit le drame quotidien de tant de souffrances sans qu’il y ait eu faute…
(On voit cela) dans le Livre de Job, cet homme juste, qui, sans aucune faute de sa part, est éprouvé par de multiples souffrances. Il perd ses biens, ses fils et ses filles, et finalement il est lui-même atteint d’une grave maladie. Dans cette horrible situation, il voit arriver chez lui trois vieux amis ; […] la souffrance — disent-ils — atteint toujours l’homme comme peine pour un délit. Elle est envoyée par Dieu […].
Job conteste la vérité du principe qui identifie la souffrance avec la punition du péché. Sa souffrance est celle d’un innocent ; elle doit être acceptée comme un mystère que l’intelligence de l’homme n’est pas en mesure de pénétrer à fond.
S’il est vrai que la souffrance a un sens comme punition lorsqu’elle est liée à la faute, il n’est pas vrai au contraire que toute souffrance soit une conséquence de la faute et ait un caractère de punition. Le Livre de Job ne représente pas le dernier mot de la Révélation sur ce thème. Il est en un sens une annonce de la passion du Christ.
« Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». Ces paroles, prononcées par le Christ au cours de son entretien avec Nicodème, nous introduisent au cœur même de l’action salvifique de Dieu. Sauver signifie libérer du mal ; le salut est donc par là même lié étroitement au problème de la souffrance. Cette libération doit être accomplie par le Fils unique à travers sa propre souffrance.
Dieu donne son Fils unique afin que l’homme « ne périsse pas », et la signification de ce « ne périsse pas » est soigneusement précisée par les mots qui suivent : « mais ait la vie éternelle ». L’homme « périt » quand il perd « la vie éternelle ». La mission du Fils unique consiste à vaincre le péché et la mort. Il triomphe du péché par son obéissance jusqu’à la mort, et il triomphe de la mort par sa résurrection.
Même si la victoire sur le péché et sur la mort, remportée par le Christ grâce à sa Croix et à sa Résurrection, ne supprime pas les souffrances temporelles de la vie humaine, […], elle jette cependant une lumière nouvelle […]. Et cette lumière est celle de l’Évangile, c’est-à-dire de la Bonne Nouvelle.
Le Christ souffre [… ] ; il accueille par sa souffrance la question qui a été exprimée en un sens d’une manière radicale par le Livre de Job. La réponse à l’interrogation sur la souffrance et sur le sens de la souffrance, le Christ la donne non seulement par son enseignement, c’est-à-dire par la Bonne Nouvelle, mais avant tout par sa propre souffrance qui est complétée d’une manière organique et indissoluble par cet enseignement de la Bonne Nouvelle.
Dans la première lettre aux Corinthiens : « Car le Seigneur vous a achetés très cher. Rendez gloire à Dieu dans votre corps ! . Le Rédempteur a souffert à la place de l’homme et pour l’homme. Tout homme participe d’une manière ou d’une autre à la Rédemption. Chacun est appelé, lui aussi, à participer à la souffrance par laquelle la Rédemption s’est accomplie.
Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? ». Dans le mystère pascal, le Christ a inauguré son union avec l’homme dans la communauté de l’Église. […], l’Église ne cesse de se construire spirituellement comme corps du Christ. Dans ce corps, le Christ veut être uni à tous les hommes, et il est uni d’une façon particulière à ceux qui souffrent. La souffrance du Christ a créé le bien de la Rédemption du monde. […] dans le mystère de l’Église qui est son corps, le Christ, en un sens, a ouvert sa souffrance rédemptrice à toute souffrance de l’homme. L’Apôtre (Paul), du reste, le met clairement en relief quand il parle de compléter (par sa souffrance) « ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps, qui est l’Église ».
La parabole du bon Samaritain appartient à l’Évangile de la souffrance. Elle indique, en effet, quelle doit être la relation de chacun d’entre nous avec le prochain en état de souffrance. […] nous devons « nous arrêter » auprès de lui. Le bon Samaritain de la parabole du Christ ne se contente pas seulement d’émotion et de compassion. Ces mouvements affectifs deviennent pour lui un stimulant qui l’amène à agir concrètement et à porter secours à l’homme blessé.
En même temps le Christ a enseigné à l’homme à faire du bien par la souffrance et à faire du bien à celui qui souffre. Sous ce double aspect, il a révélé le sens profond de la souffrance.
Tel est le sens, véritablement surnaturel et en même temps humain, de la souffrance. Il est surnaturel, parce qu’il s’enracine dans le divin mystère de la Rédemption du monde, et il est d’autre part profondément humain, parce qu’en lui l’homme se reconnait lui-même dans son humanité, sa dignité et sa mission propre.
Avec Marie, Mère du Christ, qui se tenait au pied de la Croix, nous nous arrêtons près de toutes les croix de l’homme d’aujourd’hui. Nous invoquons tous les saints (et les martyrs) qui au cours des siècles ont participé spécialement aux souffrances du Christ. Nous leur demandons de nous soutenir.
